OIN : "Soyons flous !" (29 janv. 2009)

Chaque semaine, les têtes "bien pensantes" qui ont en charge la conception de l'OIN, amènent leurs lots de modifications à cet édifice.


Mr Blanc continue donc de laisser filtrer à petites doses les grandes orientations de son projet et les dernières qu'il nous a été possible d'obtenir concernent la surface globale d'implantation de l'OIN.


Elle serait de 230 hectares dont 70 réservés à la recherche, 60 à la création d'un centre de vie et 100 à l'installation d'entreprises privées.


Nous apprenons aussi que le projet de loi devrait passer devant l'assemblée fin juin début juillet 2009 (si j'étais mauvaise langue je dirais que juillet, période de vacances d'été est certainement la meilleure date à retenir !)


Au delà de ces nouveaux chiffres, une quatrième mouture (en 3 mois de temps !) du projet d'établissement public de Paris-Saclay vient de voir le jour ! Vous la trouverez en fichier joint.


Il apparait que fidèle a sa manière de procéder, Mr Blanc tente de gommer les points susceptibles de poser problème en les rendant le plus flou possible. Cela n'est pas fait pour nous rassurer que ce soit sur la représentation des élus locaux et leur pouvoir réel au sein du système de gouvernance mis en place ou sur les contreparties demandées aux investisseurs privées en cas de cessions de terrains appartenant à l'Etat par exemple.


Au delà des questions que nous posons depuis bientôt deux ans maintenant et qui restent sans réponses (prise en compte des particularités hydrauliques du plateau, densification des zones déjà urbanisées du plateau plutôt que d'empiéter sur de nouvelles terres agricoles, problématique des transports, non prise en compte de la zone de Courtaboeuf, etc.), l'échéancier de l'opération ainsi que son mode de financement restent eux aussi toujours aussi flous.


Nous continuerons donc à vous informer sur l'état d'avancement de ce dossier dont on peut dire que la communication qui lui est associée est pour le moins étonnante et peu respectueuse des habitants de notre territoire.


Dimitri Tchoreloff




Quel poids pour un projet citoyen, solidaire et écologique ?


Le circuit de l’alimentation représente près du tiers des émissions françaises des gaz à effets de serre. En plus de celles émanant directement de l’agriculture, il faut en effet compter celles liées au transport des aliments, à leur transformation, à leur emballage et à leur distribution. Savez-vous qu’un fruit importé hors saison consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et consommé « à la bonne date » ?

Les Jardins de Ceres, une solution toute proche

illustration de l'article

Excellente idée, me direz-vous, mais comment, dans la pratique, consommer « local » ? Et bien, à Gif et dans les environs, c’est chose possible depuis la fin 2003. A l’origine de l’aventure, un groupe d’habitants du plateau de Saclay regroupés dans un  réseau qui porte le nom de la déesse romaine de la culture et des moissons, CERES (Coordination nord-Essonnienne pour une Ruralité et un Environnement Sauvegardés).
Décembre 2003, ils créent une association, « Les jardins de Cérès », dont le principe s’inspire du concept des AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) : chaque semaine (ou chaque mois comme sur le Plateau de Saclay), l’agriculteur s’engage à livrer à un coût équitable un panier de fruits et légumes de saison, de sa propre production, si possible bio. Les membres de l’AMAP, eux, s’engagent à pré-acheter en début de saison une part de la production sur une durée qui peut aller de six mois  à un an.
Les avantages pour chacun sont flagrants. Côté « agriculteur », la pré-vente de sa récolte lui assure une vraie sécurité, surtout face aux aléas naturels. Son emploi est pérennisé, d’autres peuvent se créer puisque aller vers le bio demande plus de main d’oeuvre (une personne pour 2 hectares, contre 3 pour 250 hectares en agriculture conventionnelle). Son travail est reconnu à sa juste valeur car les prix sont fixés, non plus en fonction de l’offre et de la demande, mais de son travail. Côté « consommateur », le prix est abordable puisqu’il n’y a pas d’emballage (jusqu’à 20% du prix du produit), pas de transport, pas ou peu d’engrais... La qualité est au rendez-vous, l’agriculteur s’engageant vers une production plus écologique. Enfin, il peut adhérer à l’AMAP pour son esprit de convivialité et de partage (on se réunit une fois par mois pour chercher son panier, des actions pédagogiques sont organisées pour mieux se rendre compte du métier d’agriculteur,...). En bref, on quitte son rôle habituel pour devenir un « consomm’acteur ».

Des paniers de plus en plus variés et complets

illustration de l'article

En 2003, un seul exploitant, producteur céréalier à Villiers le Bâcle, se lance dans « Les jardins de Cérès » pour sa production de pommes de terre. En 2005, les lentilles, le maïs, la farine de blé et de petit épeautre se sont ajoutés au panier. Puis des partenariats se sont créés avec d’autres producteurs, souvent locaux (cresson, miel, maraîchage et fromages de Chèvre essonniens), mais parfois plus lointains (viande du Perche). D’autres projets sont déjà programmés : les volailles, les oeufs, mais aussi des produits transformés comme le pain ou la bière. Au total, près de 300 personnes sont membres de l’AMAP du plateau de Saclay, mais l’esprit « agriculture de proximité» semble toucher plus large : quand il a fallu se mobiliser pour empêcher  20 hectares du plateau qui étaient à vendre de tomber entre des mains autres qu’agricoles, ce sont plus de 1200 personnes qui ont répondu « présent ».
Ce projet, citoyen, solidaire, écologique, semble encouragé, et par les habitants qui le connaissent et par des élus : le Conseil Régional le soutient, comme il soutient toutes les autres AMAP d’Ile de France. Mais quel poids cela peut-il avoir face à l’Opération d’Intérêt National ? Peut-il peser par exemple, un tant soit peu sur le nombre d’hectares de terres agricoles qui seront sanctuarisés sur le Plateau de Saclay au sein de l’OIN ? Peut-il faire que ce chiffre revienne à 2300, comme l’avait établi une très large concertation d’agriculteurs, de collectivités locales et d’institutionnels du monde agricole ? Ou les 290 membres de l’AMAP et ses quelques agriculteurs se verront-ils imposer eux aussi la bagatelle de 500 hectares de terres agricoles rayées de la carte d’un simple trait de plume gouvernemental, alors que, pourtant, les acteurs de la vie locale étaient unanimes pour considérer ces 2300 ha comme le minimum « vital » à maintenir ? 


MCh



Tous les acteurs de l'OIN autour d'une table... Enfin !
samedi 13 juin 2009

J'avais envie de commencer ce compte-rendu par le mot de la fin : François Bayrou pointant le fait que, pour préparer un projet d'envergure comme celui de l'OIN, des réunions mettant autour d'une table des acteurs aussi différents que des patrons de TPE, des enseignants-chercheurs, des présidents de grandes écoles, des élus locaux, quelqu'un du conseil économique et social, un élu de la région..., il en aurait fallu, non pas "une" comme celle-là, mais une cinquantaine. Chaque acteur dit avoir été reçu une, voire plusieurs fois par les initiateurs du projet, Christian Blanc en particulier, mais ils n'ont jamais eu l'occasion de se retrouver ainsi "tous autour d'une table" et d'écouter des points de vue différents, d'entendre surtout comment d'autres professionnels qu'eux, d'autres institutionnels qu'eux, voient le projet...


Des scientifiques partants pour le "pôle d'excellence"
Au début de la réunion, les "scientifiques" ont dit tout le bien qu'ils pensaient de ce pôle d'excellence à venir sur le Plateau de Saclay. En mettant en avant des arguments souvent déclinés, la base du projet en quelque sorte, comme le rayonnement scientifique international qu'il permettrait, l'intérêt pour la recherche de rapprocher les grandes écoles et les start-up, l'ambition d'avoir en France une Sillicon Valley... mais est apparue également, une constante à la fois plus simple et plus essentielle dans leurs propos : l'idée de la proximité physique, du grand nombre de choses qui se règlent grâce à une rencontre informelle à la cantine, par exemple. Si personne ne l'a contesté autour de la table, cet argument a tout de même été relativisé. Un jeune enseignant-chercheur, explique avoir plus de liens avec un chercheur japonais sur le même domaine pointu de compétences que lui qu'avec un autre enseignant de polytechnique sur un domaine totalement différent. A l'heure d'internet, les distances physiques ont changé de visage, elles sont considérablement réduites, malgré des kilomètres de distance entre les uns et les autres. François Bayrou souligne surtout que ce mouvement de concentration sur un même lieu prend exactement le chemin inverse de toute la philosophie d'occupation du territoire qui prévaut depuis les années 70 et consiste justement à la décentralisation et à la déconcentration. En tant qu' "homme de province", il ressent fortement cette volonté de regrouper toutes ces grandes écoles en un même lieu, tous ces établissements scientifiques prestigieux, comme une désertification du reste de l'espace français.


Des dirigeants de TPE pas convaincus
Sur ce point, il est rejoint par des chefs de TPE. L'un d'eux en particulier, souligne par exemple, le tissu local de petites entreprises qui s'est créé autour d'une grande école comme l'ENS Cachan. La déménager vers ce pôle d'excellence en construction contribuera sans aucun doute à créer de l'activité économique autour du plateau de Saclay, certes, mais quid de ce qui s'est construit au fil des ans autour de Cachan ? Ces TPE et PME n'auront pas les moyens de venir s'installer autour du nouveau site de l'ENS Cachan, et l'OIN, avant de créer, commencera par déconstruire. François Bayrou insiste sur ce point que, quand on fait une opération de cette envergure, des changements aussi importants, avant de passer d'un état d'équilibre à un autre état d'équilibre, il y a le chaos. Il lui semble de loin préférable de faire en permanence des améliorations de l'existant plutôt que des bouleversements "brutaux" comme ceux qui s'annoncent.


Déménager n'est pas créer
Il lui semble de plus très curieux de construire un pôle d'excellence sur des déménagements. Déménagements d'écoles comme l'ENS Cachan, l'ENSAE, ... mais aussi et surtout, déménagement de la fac d'Orsay sur le Plateau. De nombreuses interrogations s'expriment sur cette décision : quel coût ? Pourquoi une telle dépense pour migrer de 4km ? Quelle est la raison qui pousse l'Etat de venir imposer son projet pour coiffer comme d'une chape de béton, par en haut, une région, sans concertations avec les habitants et leurs élus ! Que deviendront les 80 hectares sur lesquels sont actuellement implantés les locaux de Paris XI (l'état parle de start-up, mais qui peut croire que toute cette place sera utilisée par des start-up ? Cela ne cacherait-il pas une opération immobilière ?)? A-t-on pensé aux étudiants dans cette histoire, qui sont actuellement à deux pas du RER, dans un centre ville, et qui se retrouveront très certainement isolé sur le Plateau ? Un certain nombre de bâtiments de la fac sont certes dans un état inacceptable pour une grande université, mais d'autres sont quasiment neufs, Cela nécessite-t-il donc de tout démolir ? Cela rejoint tout à fait l'idée précédente d'améliorer l'existant plutôt que de tout casser pour repartir de zéro.
Plusieurs personnes rebondissent sur la question de "pense-t-on aux étudiants dans ce projet ?" en évoquant des campus étrangers. Une différence fondamentale entre, par exemple, un campus en Allemagne et le projet tel qu'il est actuellement conçu, est l'intégration de l'Université dans la ville. En Allemagne, quand on se promène dans les villes universitaires, on rencontre un bâtiment de la fac, puis des choses qui n'ont rien à voir, puis à nouveau un bâtiment de la fac. Cela change complètement la conception qu'ont les gens de l'enseignement supérieur. Cela a aussi été l'occasion de parler des transports, du fait que si des gros investissements sont prévus pour faire un métro souterrain, remonter des vallées (chose déjà compliquée aujourd'hui) n'est même pas évoqué.


Des doutes sur les impacts économiques
Plusieurs responsables de TPE ou PME étaient présents et ont exprimé leurs doutes sur la création économique que l'OIN allait générer. Un patron de TPE, ce qu'il voit, ce sont ses charges, ses échéances à honorer à court, voire très court terme : chaque trimestre ! Se projeter dans 25 ans quand le projet de métro sera réalisé lui parait totalement impossible, en tout cas, complètement éloigné de sa réalité quotidienne. D'autre part, bien sûr que rapprocher recherche et start-up peut avoir de l'effet, mais le plus gros problème qui semble ressortir est le poids de l'administratif, les contraintes que cela suppose. En tout cas, ces chefs d'entreprises étaient ravis d'avoir pu exprimer leurs préoccupations, car ils sont rarement conviés à des réunions de ce genre.


La Sanctuarisation des terres agricoles
Les agriculteurs n'avaient pu être représentés à ce débat. Malgré tout, ont bien sûr été évoqués avec force les 2300 hectares qui doivent être préservés et sur lesquels il y a un consensus local (CAPS, région, communes). Un rappel a été fait que ces terres sont parmi les plus fertiles d'Europe. A été rappelé également, qu'au lieu de détruire des espaces agricoles, il serait beaucoup moins destructeur de densifier l'existant. Pour seul exemple, Polytechnique a une densité de 4 habitants à l'hectare, quand sur des campus comme Stanford ou Grenoble, c'est 250.


L'OIN un projet dont les élus locaux et les habitants sont absents
Les élus locaux présents expriment, quant à eux, leurs inquiétudes sur la façon dont se monte cette opération, sans véritable concertation avec eux, sans y intégrer les habitants, bref, en cherchant à plaquer un projet inventé par un bureaucrate parisien sur un territoire. L'établissement public qui vient d'être institué par décret ne donne qu'une petite part de représentation aux élus locaux. De plus, le PLU, sur la zone de l'OIN, échappe ainsi aux pouvoirs du maire. Ce qui par exemple, ôtera toute décision au maire de Bures sur le devenir des 80 hectares de la fac d'Orsay. Ce discours des élus locaux a visiblement surpris la communauté scientifique présente, qui, bien que répondant à tout ça "si vous aviez été moins immobilistes depuis vingt ans qu'on évoque un projet sur le plateau de Saclay, ça aurait permis de faire des choses en concertation et beaucoup plus tôt", ne s'imaginait pas à quel point le projet se faisait "sans eux".


Un projet de cette envergure devrait être fédérateur
Marielle de Sarnez rebondit sur ce que ressentent vraiment les MoDem locaux : un projet de cette envergure, de cette portée internationale, devrait être fédérateur de toutes les énergies, de tous les acteurs de la vie locale. Pour l'OIN, les habitants sont à peine au courant, les élus locaux sont loin d'être enthousiastes et sont même sur certains points franchement réticents. Il n'est pas admissible qu'un projet soit ainsi parachuté d' "en haut", sans concertation et sans l'adhésion pleine et totale des forces locales.



Martine Chatelier
Reportage photo de Michel Colin :

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Le futur du plateau de Saclay
Inacceptable tel qu'annoncé
lundi 6 avril 2009

Un projet sans contours fixes
Le gouvernement entretient un flou volontaire autour de cette opération.
Malgré les multiples pages de présentation du projet, se posent en effet toujours un nombre impressionnant de questions, sur des sujets plus essentiels les uns que les autres !


De quoi parle-t-on : O.I.N., Cluster, Campus ?
Qui est concerné : 49 ou 29 communes ?
Quelle surface exacte de terre cultivable (SAU) sera t'elle sanctuarisée ?
Quel phasage ? Au bout de combien d'années ce projet sera-t-il finalisé ?
Pourquoi et comment est-on passé de la création de 150 000 logements, à 35 000 aujourd'hui, est ce juste en réduisant le périmètre considéré ?! Le chiffre initial a-t-il donc vraiment changé ?
Que vont devenir les bâtiments désertés par l'Université d'Orsay ? Qui va devoir assumer les frais de réhabilitation des locaux non entretenus depuis de nombreuses années ? Comment ne pas craindre alors de fortes pressions des promoteurs immobiliers français et étrangers qui trouveront là une véritable aubaine ?
Quels transports seront mis en place ?
Un métro, qui ne ressemble pour l'heure qu'à un simple trait de crayon, dessiné depuis les bureaux de la technocratie ministérielle? A quel moment les réseaux de transports seront-ils mis en place ? Avant ou après l'implantation des logements ?
Comment les engins agricoles pourront-il traverser un tel maillage de transports lourds ?


Plus globalement, se posent des questions de fond :
Après quels objectifs courrons-nous ? Une meilleure position dans un classement, celui de Shanghai ? (Auquel cas, il faut peut-être se demander si c'est là l'essentiel).
Qui va financer cette opération qui se fait au détriment de la qualité de vie, de l'environnement, et de la biodiversité ?
Pourquoi continuer à concentrer encore plus la recherche sur un territoire déjà favorisé mais qui manque cruellement de structures de facilitation économiques et de facteurs d'émulation ?
Quel impact cette solution contraire à l'esprit de la loi de décentralisation tout autant qu'à celle du Grenelle de l'environnement, va-t-elle avoir sur nos communes et sur notre territoire en général ?


A l'heure d'un lancement imminent, le moins que l'on puisse dire est qu'il est inadmissible qu'autant d'incertitudes se posent encore.


Une gouvernance inacceptable
Un établissement public d'une nouvelle forme juridique va nous être imposé. Sa composition reste très vague mais pourtant nous savons déjà qu'il laisse une place visiblement minimale aux élus locaux !
Les décisions font l'effet d'être parachutées d'en haut, sans concertation aucune avec le terrain. Ni avec les collectivités territoriales, ni avec les élus ou les associations, encore moins avec les citoyens des territoires concernés (agriculteurs compris) qui savent à peine ce qui se prépare.
S'octroyant tous les droits, l'Etat prend la main sur toutes les décisions d'aménagement dans le périmètre de l'O.I.N. et dépossède les communes et communautés d'agglomération de leurs compétences fondamentales en la matière.
Difficile par ailleurs de comprendre qui pilote réellement les opérations : Nicolas Sarkozy ? Le gouvernement ? Christian Blanc ? Valérie Pécresse ?
Chacun semble jouer sa carte personnelle avec des objectifs divergents !


Comment peut-on aujourd'hui encore bafouer les règles élémentaires du fonctionnement de notre démocratie ?
Le projet actuel ne répond pas aux besoins des Français. Il ouvre la porte au bétonnage, aux promoteurs, à l'augmentation de la dette publique.
Il est illusoire de croire qu'en déplaçant l'Université d'Orsay de la vallée sur le plateau, cela résoudra le manque de lien diagnostiqué. Cela coûtera très cher en construction, et préparera certainement de fait, une opération immobilière dans la vallée. Si ce déménagement satisfera un milieu économique qui aime le "bling-bling", il diminuera l'attractivité de cette Université en l'éloignant d'un accès facile de transport pour les étudiants.
L'importation du modèle américain est présentée comme une solution miracle au retard d'innovation de l'économie française. Une décision prise sans s'interroger sur la pertinence de cette transposition dans le contexte franco-européen. Sans se poser la question de savoir s'il est encore adapté à l'environnement technologique et économique actuel. Sans chercher les raisons qui freinent la création française dans ces domaines. Sans étudier ni analyser les spécificités françaises qui permettraient de créer des synergies gagnantes. En résumé, en imposant une solution qui n'a pour fondement que l'adage "ça a marché ailleurs". Franchement léger pour un projet aussi gigantesque.
C'est un projet des années passées. C'est surtout un projet dépassé !



Les propositions du MoDem


Redonner la main aux acteurs locaux :
Que soient enfin impliqués dans ce projet qui les concerne directement, habitants, agriculteurs, élus, associations, chercheurs, créateurs d'entreprises. Gageons que mis en situation de réelle concertation, ils uniront leurs différentes approches pour trouver des solutions efficaces, évitant certainement une urbanisation inutile et illusoire. C'est pourquoi le Mouvement Démocrate demande la saisine de la Commission Nationale du Débat Public.


Développer un véritable pôle scientifique d'excellence :
Sa force serait de mettre en lien l'ensemble des acteurs, de construire des structures facilitant la communication entre différents pôles de recherche, les fédérant autour de thèmes communs, incitant la réflexion, les échanges et les débats, générateurs d'idées innovantes. Ce sont eux les seuls garants de la création d'une véritable synergie.
Ce pôle scientifique d'excellence dégagerait un schéma propre à créer en son sein un véritable dynamisme. Avec le choix de sujets prometteurs, innovants et soutenables et non la politique du "me too" poursuivie au niveau national qui consiste à défaire notre appareil scientifique, sans même en comprendre les atouts.


Transformer l'essai de l'excellence scientifique en résultats économiques :
Très logiquement et pour compléter le deuxième axe, nous proposons un plan pour la transformation de ses résultats en activité économique nouvelle chaque fois qu'il est possible d'innover. Cela suppose de permettre à des créateurs de trouver toutes les conditions pour faciliter leur démarche : concentration des moyens d'aide, y compris juridique, proximité avec les laboratoires, vision du temps nécessaire, proximité des banques et de capitaux-risqueurs, aide au montage des dossiers, simplification des démarches administratives phénoménales actuellement en France. Cela suppose aussi un accord avec les communes environnantes pour qu'elles accueillent ces nouveaux-nés de l'économie lorsqu'ils se développent ; car la proximité emploi-travail, c'est la diminution des transports au quotidien. Quand on prévoit, comme dans le projet actuel, le centre de vie à un bout du plateau et la zone d'activité à l'autre, c'est l'assurance de flux de transport importants. Pourquoi ne pas intégrer plutôt logements et bureaux au sein d'unités de vie pour réduire au maximum les "va et vient" et pouvoir envisager d'aller à son travail à pied ?


Développer de manière exemplaire les circulations douces :
C'est également un axe fort de nos propositions, de même qu'améliorer le transport existant en s'appuyant principalement sur les lignes du RER B et RER C. Elles ne demandent qu'à être rénovées et les financements sont disponibles. Servons-nous de l'existant, perfectionnons-le, au lieu par exemple de vouloir déménager les étudiants sur le plateau quand ils disposent actuellement de l'accès immédiat à deux gares !
Les terres du plateau de Saclay, drainées depuis Louis XIV, sont d'une qualité rare en Europe. Nous avons besoin d'une agriculture de proximité aux portes de la zone urbaine de Paris. Nous avons besoin d'une agriculture qui fournisse aux urbains des produits de circuits courts (création de coopératives de maraîchers, AMAP). Moins de distance entre le consommateur et le producteur, cela signifie moins de transports, et donc moins d'effet de serre. Il est donc soutenable et conforme au Grenelle de l'environnement.
Nous proposons donc de profiter de ces terres fertiles à proximité de centres de recherches pour installer des fermes pilotes de nouvelle génération fondées sur la "soutenabilité" : par exemple, utiliser la biomasse, pratiquer la culture du lin, du chanvre qui ne demandent aucun intrant et dont les débouchés couvrent l'alimentaire (OMEGA 3), la construction(excellents isolants) ou l'habillement (fibres textiles)...
Pourquoi vouloir urbaniser à l'aveugle un tel potentiel, résultat d'un acquis de tant de générations ?


Ces grands axes de développement en matière de recherche et de développement économique sont donc possibles dans le respect de la nature environnante, et des activités rurales traditionnelles du plateau (agriculture, forêt).
Il faut densifier les pôles déjà urbanisés sur le plateau et en utiliser avant tout les réserves foncières existantes ou à rénover, au lieu de prendre la solution de facilité qui consiste à bétonner les terres agricoles actuelles.


C'est donc un autre projet qu'il nous faut. Un projet concerté !
L'alternative raisonnable, construisons-la ensemble !





Le projet de création d'établissement public - version n°4 du 14 décembre 2008

Téléchargez le projet de loi de création d'établissement public de Paris-Saclay.

Le projet de création d'établissement public

Téléchargez le projet de loi de création d'établissement public de Paris-Saclay.

Le tract sur l'OIN du MoDem de Gif

Téléchargez le tract sur l'OIN distribué par les adhérents MoDem de Gif sur Yvette.

Le projet de M. Christian Blanc, mis à jour

Téléchargez le projet de M. Christian Blanc mis à jour au 05 novembre 2008.

Un plan du projet de cluster scientifique et technologique pour le plateau de Saclay

Téléchargez un plan du projet.

Motion du conseil communautaire de la CAPS

Téléchargez la motion déposée par le conseil communautaire de la CAPS le 27 octobre 2008.

Le projet de M. Christian Blanc

Téléchargez le projet présenté par M. Christian Blanc le 23 octobre 2008.

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