Vacance(s) (25 février 2009)

Départ de Gif, sélectionnée selon Gif Infos, pour être l'une des dix villes de l'Essonne qui accueilleront des bornes "passeport biométrique" à partir du printemps prochain. Un "progrès" ces nouvelles pièces d'identité qui vont plus loin dans le sécuritaire que les normes imposées par l'Europe (8 empreintes de doigt au lieu de 2) et qui alimenteront un fichier central, ce que la CNIL a jugé tout à fait disproportionné ? Oui, répondront ceux qui y voient un gage de sécurité maximale. Par contre, ceux qui se sont battus depuis 2005 pour que les cartes biométriques ne soient plus "au menu" de la cantine du lycée de la Vallée de Chevreuse trouveront sans doute que c'est un comble... Un "progrès" qui, en tout cas, ne donne pas envie de se réjouir puisqu'il est bien précisé que le moindre sourire est proscrit sur la photo qui l'accompagne !


Autres lieux... "progrès" du même type
Arrivée dans ma station de La Toussuire -Maurienne- dont la qualité principale a toujours été son côté "familial". Ses ambitions de "grande" en reliant ses pistes à celles des neuf villages alentour pour faire un des plus grands domaines skiables d'Europe, n'ont pas réussi à le lui faire oublier. Mais là aussi, le "progrès" avance. Des distributeurs automatiques de forfaits ont fait leur apparition à côté des traditionnelles caisses. Moins souriant, moins convivial, plus difficile d'entendre à peine arrivé l'accent du pays, mais c'est "24h/24". C'est vrai qu'on pourrait avoir envie d'acheter son forfait à 3h du matin...
Quant au forfait en question, c'est désormais une carte qu'on glisse dans sa poche d'anorak pour le reste du séjour. Plus besoin de la sortir pour montrer "patte blanche" au perchman qui circule dans la queue : il n'y a plus de perchman. Remplacé par une barrière qui contrôle qu'on a bien sur soi le sésame et ouvre alors le portillon. Bip, lumière verte, on passe, on s'assoit sur le télésiège et on monte. Plus un bonjour, plus un sourire, plus un merci. Les perchmans, moitié moins nombreux, sont désormais dans leur cabane, surveillant de loin que l'embarquement se passe bien. Pour la petite minute de conversation, il faudra voir ailleurs. Situation identique aux quelques rares téléskis qui résistent à l'invasion des télésièges débrayables. "Progrès" là aussi ? Dites cela à ceux qui n'avaient pas le niveau de ski suffisant pour devenir pisteur ou moniteur mais à qui cet emploi de perchman permettait de rester la saison d'hiver dans leur montagne, ils apprécieront eux aussi, j'en suis sûre.


Des timbres "en ligne"
Retour à Gif... coup d'oeil sur la newsletter 'communication" du site de la mairie et... coup de grâce : une pub (je ne peux l'appeler autrement) pour "un nouveau service de la poste : achetez vos timbres en ligne et imprimez-les !". Encore une occasion supprimée de se retrouver "face à quelqu'un", d'échanger deux minutes, même si c'est pour une action on ne peut plus banale. Vous me rétorquerez "oui, mais quel temps gagné au lieu de faire la queue à la poste". C'est vrai et je suis sans doute la première à pester quand il y a trop de monde. Alors, le progrès, ça aussi ?


Pris un à un, ces exemples peuvent apparaître comme un "mieux", des "simplificateurs de vie quotidienne", mais mis bout à bout ? Ils instaurent sans qu'on n'y prenne garde une société dans laquelle on n'aura plus le droit de se plaindre du chômage (plus de perchmans, plus de vendeurs de forfaits, moins de postières, mais aussi, moins de caissières aux péages, moins de caissières dans les supermarchés , moins de... la liste s'allonge de jour en jour) et où la convivialité, le dialogue, l'humain, seront de plus en plus absents de notre quotidien. Est-ce vraiment un monde comme cela que l'on souhaite ?


MCh




Vacances... Suite (9 mars 2009)

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L'article de ma consoeur en politique m'a chatouillé les neurones et donné l'envie de continuer, une fois n'est pas coutume, sur la lancée de sa prose... et d'enfoncer le clou car, moutons de Panurge, nous méritons, tous comme nous sommes, la société que l'on nous impose par perfusions homéopathiques: je me réfère par là à l'excellent article de Martine Chatelier, de décembre 08, passé en archives de "Faits de Société" sur notre Site, intitulé "Petite histoire de la grenouille".

Je n'en suis pas à regretter le temps d'avant Jacquard et ses métiers à tisser et certes, je me rends compte que les sourires dont parle Martine ne sont que trop souvenirs d'enfance poétisés par le regret mais il n'y avait pas, à cette époque, de caméras de surveillance. Elles étaient fort avantageusement remplacées par: les poinçonneurs du Métro (et pas seulement celui des Lilas !) qui veillaient sur notre sécurité, les caissiers au guichet des agences bancaires qui comptaient et contrôlaient avec dextérité les billets pour déceler les faux, les vendeurs et vendeuses des petits commerces qui conseillaient... Tout un chacun se connaissait et c'était le temps où, enfant, je me munissais d'un pot pour aller chercher le lait servi dans des bidons, d'un litre étoilé pour le vin tiré de fûts et d'une boîte pour se faire servir une mesure de café en grains juste torréfié: c'était l'époque où les odeurs précédaient les produits et les couleurs les accompagnaient. Enfant de la ville, je passe sur les petits métiers qui rythmaient les labeurs paysans !

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Il ne faut pas regretter les métiers dont la pénibilité a ainsi été supprimée par le modernisme ou le "progrès" dont parle Martine: c'est une bonne chose que la machine travaille en lieu et place de l'homme lorsque la société remplace le travail ainsi détruit par un travail moins fatiguant voire plus intéressant. A l'école, puis à l'université, on m'a enseigné que les destructions d'emplois primaires ou secondaires étaient largement compensées par les créations d'emplois tertiaires et que les loisirs seraient la principale préoccupation de nos futures sociétés post-industrielles: j'espère que tous ses maîtres à penser de l'orthodoxie ont ravalé leurs certitudes ! En effet, la machine s'est bel et bien grippée et l'économique a dérapé: on ne travaille plus pour produire, gagner de l'argent et faire vivre tout le monde! Lorsque la finance prend le pas sur l'économie, le capitalisme s'auto-suicide en générant le profit financier de quelques-uns comme ultime but du profit: les hommes ne deviennent alors que des équivalents-machines que l'on peut remplacer ou supprimer à volonté. Les hypermarchés qui ont bien rendu service aux premiers gouvernements de la 5ème république pour juguler l'inflation et ont créé certains types d'emplois peu qualifiés en en détruisant beaucoup d'autres dans les centres villes sont maintenant dans le flux inverse: destruction d'emplois et maintien de marges commerciales bénéficiaires élevées pour le maintien de la distribution de dividendes élevés aux actionnaires financiers La finance n'est plus au service de l'économie et l'économie au service des hommes: c'est l'inverse qui se produit ! L'homme est devenu l'esclave de Moloch-Baal et si rien n'est fait dans un proche avenir pour remettre l'homme au centre du marché économique global puis local, avec ce que cela sous-entend de développement durable, alors c'est certain le 21ème siècle sera celui de la révolution mondiale qu'elle soit religieuse ou sociale !


Le Galéjeur



Le service public concurrent du privé
jeudi 25 juin 2009

En l'évoquant comme un grand progrès dans les colonnes du Gif info, la mairie a décidé de mettre en place des stations biométriques destinées à délivrer les passeports dans des délais très courts. Ce nouveau service implique également la délivrance à titre gratuit de photos d'identité prises par un agent territorial. Mais cette gratuité a cependant un coût induit, celui de la perte d'exploitation des photographes professionnels de quartier.


Cette perte s'ajoute aux effets du tout numérique, sachant que la photo d'identité peut représenter jusqu'à 30% de leur chiffre d'affaire sans compter le flux en magasin ; et que dire de la société Photomaton et sa boite à photos chère à Amélie Poulain, qui emploie 300 salariés ! (80% du chiffre d'affaire de cette société est fait grâce à la photo d'identité)


La faute à qui ?
Petit rappel : après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis imposent la détention de passeports biométriques pour se rendre sur leur territoire. Suite à cette décision, l'Europe décide en 2004, de mettre en place la délivrance de ce nouveau type de document.
L'état Français, sans consultation auprès de professionnels de la photo, décide de déployer sur le territoire national (sur une première sélection de 2000 communes dont Gif) des stations qui seront exploitées par les agents du service public, y compris la prise de vue.


Des maires peu enthousiastes
Sensibles à la charge de travail, aux coûts supplémentaires et aux questions éthiques soulevés sur l'exploitation des données ainsi enregistrées, de nombreux maires ont décidé de ne pas activer la fonction photo et de laisser le soin à leurs concitoyens de faire exécuter les photos par un professionnel.


Amendement rejeté
Face à la menace de disparition lente des métiers de la photo, plusieurs députés, dont P.Marine (UMP) et M.André (PS) ont déposé des amendements visant à diminuer le prix du passeport lorsque le particulier fournit ses photos : amendement rejeté !


La France à contre courant de l'Europe :
Notre pays se distingue des autres membres de la communauté en instaurant un dispositif où les agents publics deviennent des concurrents déloyaux (à leur corps défendant) des acteurs économiques du privé ! Vous avez dit Europe ultralibérale ?


Un métier menacé :
Cette affaire est révélatrice d'un problème plus grave sur la non reconnaissance du métier de photographe. Quels que soient ses domaines d'activité : magasin de quartier, reportage, artiste, il témoigne depuis 1839, année officielle de la naissance de la photographie, de notre histoire collective.


Les derniers survivants de la vallée :
Il ne reste à ce jour que deux photographes de quartier dans la vallée dont un à Gif situé devant... la mairie. Va t-on le voir disparaître lui aussi ?
Alors que nous traversons une crise économique sans précédant, où les PME sont fragilisées est-il opportun de développer une concurrence publique déloyale ? Sans aucun doute la réponse est non : à chacun son métier !


Pour compléter cet article, vous pouvez lire ou relire deux autres textes parus dans GEMGif : "Des bornes à passeports biométriques à Gif, était-ce si utile ?" "Vacances" (sur la disparition de certains métiers), tous deux sur la page : Faits de société.


Michel Colin




D'un constat de "moins d'enfants" à celui "d'une population qui vieillit"
lundi 22 juin 2009

En Février, "bonne chance" était souhaitée, via GEMGif, au groupe de travail "carte scolaire" et à son aventure de concertation. Trois réunions plus tard de l'ensemble des directeurs d'école giffois et d'une vingtaine de parents délégués, quel bilan en tirer ? Avant tout, la grande satisfaction de voir qu'un groupe aussi nombreux, représentant 8 groupes scolaires différents, a décidé de réfléchir en oubliant (un peu) ses intérêts particuliers au bénéfice de l'intérêt général. La meilleure preuve de cette volonté est le refus unanime des participants de scinder le groupe en "écoles du Plateau" et "écoles de la Vallée".


Une diminution impressionnante du nombre d'enfants
Aussi bien pour "en haut" que pour "en bas", la proposition du groupe de travail a été le "statu quo". Ce qui, contrairement aux apparences, n'est pas un pis aller, mais un vrai choix: celui de préserver, aussi longtemps qu'il le sera possible, les écoles dans chaque coin de la commune avec la vie de quartier qui va avec. Preuve s'il en est besoin de ce choix réfléchi : le groupe propose de se réunir chaque année en novembre pour réexaminer la situation à partir des nouveaux effectifs d'élèves. Car chacun (mairie, enseignant, parent) est conscient de la grave diminution du nombre d'enfants qui affecte depuis quelques années le plateau et va continuer à l'affecter dans les années à venir si rien n'est fait pour inverser ou tout au moins ralentir le phénomène. Passant de 470 élèves de maternelle à la rentrée 1999, à 316 en septembre 2008, ce sont le tiers de enfants de 3 à 5 ans que les écoles du plateau ont perdus. Côté élémentaire, toujours "en haut", avec près de 200 enfants en moins en dix ans, c'est le quart des effectifs qui ne sont plus là. La mairie prévoit que cette tendance va se confirmer dans les cinq ans qui viennent, avec un nombre d'élèves (élémentaire) du plateau passant sous la barre des 500 (rappelons juste qu'ils étaient 834 en 1999).


Le MoDem demande une réflexion de fond
Alors, on sent bien que ces chiffres sur les écoles sont la partie apparente d'un iceberg beaucoup plus profond, qui pourrait bien causer de grands problèmes à Gif si l'on n'y prend pas garde assez tôt. Les enfants des jeunes couples devenus propriétaires dans les années 80-90 vont inexorablement grandir, passer au collège, au lycée, partir de chez eux sans pouvoir, si le prix de l'immobilier continue d'être aussi élevé, s'installer sur Chevry. Et le Plateau risque de perdre ce qui fait aujourd'hui sa diversité générationnelle, cette richesse qui permet à tous de vivre dans un quartier "au complet", chacun apportant, selon son âge, des choses différentes mais toutes essentielles à la vie de la cité.
C'est pourquoi le MoDem de Gif souhaite dès maintenant une réflexion sur l'avenir de Chevry, une étude sur les évolutions potentielles de sa population et que des solutions soient imaginées pour ramener sur le Plateau de jeunes célibataires, des jeunes couples, des enfants..., tout en permettant aux Chevryens de longue date d'y poursuivre la fin de leur vie professionnelle ainsi que leur retraite s'ils le souhaitent. En bref, adapter un des engagements européens du MoDem au niveau de Gif : "Anticiper le vieillissement démographique en le prenant en compte dans chacune des politiques"... municipales.


Utopia




Des bornes à passeports biométriques à Gif, était-ce si utile ?
jeudi 7 mai 2009

On peut, comme Gif Infos, se réjouir franchement que notre commune devienne, dès la fin du mois, une des dix villes de l'Essonne où seront implantées les bornes à passeports biométriques. Et soyons honnêtes, comme tout le monde, si j'ai besoin d'un passeport, il est évident que j'apprécierai de ne pas avoir à trotter à l'autre bout du département pour l'obtenir. Il n'empêche, on réalise qu'un passeport dure cinq ans, et que, par conséquent, ce service de proximité n'est qu'anecdotique dans le confort apporté à notre vie quotidienne. En revanche, l'égratignure à la démocratie que représente cette machine ne l'est pas, elle, anecdotique.


"le caractère démocratique d'un état n'étant pas garanti dans le temps, tout système de sécurité doit pouvoir être contourné en cas de force majeure. L'absence de possibilité de transgresser ou de contourner la loi s'apparente à un système totalitaire."

Plus loin que les exigences communautaires
En effet, le passeport biométrique est une décision communautaire. Dont acte, d'autant que son objectif principal est la lutte contre la fraude documentaire et l'usurpation d'identité. Dans un contexte de terrorisme international, les arguments de ses opposants selon lesquels "son utilisation comme fondement de l'identité rompt la relation de confiance entre le citoyen et l'Etat, faisant passer de l'identité déclarative à l'identité dévoilée par le corps de manière irréfutable" paraissent devoir passer au second plan.
Par contre, que la France aille volontairement plus loin que ce qu'avait décidé l'Europe, cela, oui, est choquant. Huit empreintes retenues sur le passeport français au lieu des deux exigées par l'Europe, des données collectées y compris pour les enfants dès six ans et surtout, le Ministère de l'Intérieur qui garde tout cela dans un fichier centralisé pendant quinze ans, toutes ces exigences supplémentaires ont été dénoncées par la CNIL dans un avis du 11 décembre 2007. Cette dernière s'est surtout élevée contre l'absence de débat démocratique sur un sujet aussi "de fond" puisque l'instauration de ce passeport par décret a court-circuité les parlementaires et donc, la possibilité d'en parler à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Mais la CNIL n'a qu'un avis consultatif, le gouvernement n'en a tenu aucun compte.


Pas fière
Alors, non, je ne me réjouis pas que ma commune accueille ces bornes à passeports biométriques, surtout quand je lis les propos de Meryem Marzouki, chercheuse au CNRS : "le caractère démocratique d'un état n'étant pas garanti dans le temps, tout système de sécurité doit pouvoir être contourné en cas de force majeure. L'absence de possibilité de transgresser ou de contourner la loi s'apparente à un système totalitaire." Et quand je lis que la Ligue des Droits de l'Homme a demandé au Conseil d'Etat d'annuler le décret de création de ce passeport, quand je lis que le Syndicat de la Magistrature y voit comme un pas irrémédiable vers la carte d'identité biométrique et le fichage généralisé (avec un numéro unique d'identification) qu'elle sous-entendrait, je me dis, comme la CNIL au niveau national, qu'une décision comme celle-ci aurait dû être conditionnée, sinon par l'aval de tous les giffois, au moins par un débat au sein du conseil municipal.


MCh.

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